Interview - Tom Frager : ''Il faut permettre la pratique individuelle du sport en plein air, pour tout le monde''

Sur les réseaux sociaux, le chanteur et surfeur landais s'est exprimé sur l'interdiction de surfer et a défendu la nécessité pour les citoyens de pratiquer des activités individuelles en pleine nature. Il s'explique.

- @oceansurfreport -

Il tient avant tout à souligner que son message n'avait pas pour vocation d'être un appel à la rébellion, mais d'exprimer un ras-le-bol. En fin de semaine dernière, quand le nouveau confinement a été annoncé et que l'interdiction des sports nautiques à été prononcée, Tom Frager, chanteur et avant tout surfeur, a poussé un petit coup de gueule.

Dans un message posté sur les réseaux sociaux, le résident landais a notamment défendu la nécessité pour les citoyens de pratiquer des activités en pleine nature, comme le surf, pour faire face au mieux à cette situation anxiogène. Il s'explique.

Surf-Report : Tom, tout d'abord, comment as-tu vécu le premier confinement ?

Tom Frager : Un peu comme tout le monde, je pense. C'était éprouvant d'être enfermé mais je prenais sur moi, puisque rester chez soi était un moindre mal face à ceux qui étaient touchés par le virus ou qui se battaient pour le contenir. C'était la moindre des choses d'être conscient de ces choses là et normal de rester à la maison.

Tu appelais notamment les surfeurs de la côte à adopter une attitude responsable et solidaire face à cette pandémie...

Ce que je trouvais important, c'était de montrer que notre communauté était capable de réagir de manière responsable et non égoïste ou autocentrée. Au final, on ne nous demandait pas grand chose par rapport à la gravité de la situation. Et à 99%, l'ensemble des surfeurs l'a été, responsable. 

Récemment sur les réseaux sociaux, tu as publié un coup de gueule pour dénoncer la situation actuelle. Qu'est-ce qui a changé depuis ?

Ce qui a changé, c'est qu'il y a eu l'été... Je pense qu'on est passé trop rapidement du tout au tout. De la première situation, le confinement, où on nous interdisait de sortir de chez soi librement, et puis la saison estivale. Je suis très peu sorti cet été, j'ai essayé de rester dans une logique de confinement, d'être prudent, et je n'ai fait que quelques concerts privés, dans des conditions sanitaires maitrisées. J'ai été relativement scandalisé de la différence des comportements entre le confinement et la saison estivale sur la côte. Ce n'est pas tellement les gens que je veux pointer du doigt, mais plutôt la manière dont ça a été géré au-dessus. On aurait pu trouver des solutions de transition, sur la durée, pour éviter de nous demander de rester chez nous aujourd'hui, maintenant que l'Europe a quitté le littoral.

Mais je tiens aussi à souligner que c'est une situation très compliquée à gérer, surtout pour les personnes qui prennent ces décisions. On n'a jamais été confronté à ce genre d'épidémie auparavant. Entre scientifiques, ils se contredisent. On n'a aucune certitude sur la manière dont ce virus circule et tout le monde est un peu perdu.

Dans ton message, tu affirmes être "un citoyen plutôt « docile » d'ordinaire"...

Si c'est nécessaire de rester chez soi, je le fais. Mais quand on voit qu'on a toléré cet été-là, j'ai du mal à accepter qu'on nous prive de ces libertés fondamentales comme celle de pratiquer un sport individuel de plein air. Je comprend que ce soit difficile de faire du cas par cas, mais on devrait cibler les mesures selon les régions. La réalité du terrain est différente d'une zone à une autre.

Tu expliques également que "ça commence à te gonfler"...

Pour les décisionnaires, ça ne doit pas leur représenter grand chose de nous enlever le surf. Mais les pratiquants, dont certains n'ont plus de travail, ont besoin de souffler et ça leur ferait du bien d'aller dans les vagues. C'est important que le peuple ait une soupape.

Crois-tu à une évolution de la situation ?

Ce n'est pas mon rôle de prendre des décisions ou de me prononcer. Je ne suis pas un spécialiste mais je pense qu'on devrait adapter les dispositions. On a notamment avancé l'argument des risques de blessures liés au surf pour justifier l'interdiction de la pratique, mais on peut se casser une jambe en faisant un footing et c'est autorisé. Il y a des incohérences énormes entre l'été choisi par le gouvernement pour les Français et ce nouveau confinement. Il faut permettre la pratique individuelle du sport en plein air, pour tout le monde et pas uniquement les surfeurs. Moi je suis blessé en ce moment (depuis un footing lors du premier confinement, N.D.L.R), donc je ne suis pas concerné. Mais il s'agirait d'organiser les choses.

Que réponds-tu aux personnes qui affirment que ce n'est pas un besoin de première nécessité ?

Je pense justement que se dépenser physiquement est un besoin de première nécessité. Ça permet aux gens de ne pas péter les plombs, surtout en ce moment. Il faudrait adapter les situations en fonction des régions et par exemple prendre des mesures comme un accès pour rentrer sur la plage, aller surfer et sortir par une autre voie. Comme au supermarché, en fait. Je me répète, mais il faut permettre aux gens d'avoir une soupape.

Photo à la une : Nicolas Blampain

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