Environnement - El Sacrificio : la compétition de surf la plus dangereuse

Dans une "zone sacrifiée" au Chili, en proie à la pollution industrielle...

- @oceansurfreport -

"Dans les années 70, un groupe d'amis de la région de Quinta a surfé pour la première fois au Chili, sur une plage propre et sûre. Aujourd'hui, cette même plage est une zone sacrifiée, où le pouvoir économique a détruit un écosystème entier et la vie de milliers d'habitants. Pour dénoncer cela, nous avons organisé un championnat de surf où le danger ne résidait pas dans la difficulté des vagues mais dans la toxicité de l'eau."

Un préambule engagé et engageant, à cette vidéo de l'antenne chilienne de Greenpeace, publiée en fin d'année 2021. Sur cette plage au Chili, la pollution est si importante que plus personne n'y surfe et ne s'y baigne. La faute aux gaz toxiques et à un degré de pollution de l'eau très élevé, dû aux nombreux produits chimiques qui s'y mélangent. Cette pollution, la région la doit à la zone industrielle Quintero Puchuncaví, qui est à l'origine de marées noires (en 2014,2015 et 2016), de décharges de charbon à même les plages (plus de 800 entre 2009 et 220) et de dégazages, lesquels empoisonnent les populations locales. En 2018 déjà, le journal Libération parlait de cette zone suite à une vague d'intoxication massive cette année-là, titrant "Au Chili, les intoxiqués de la «zone sacrifiée»", après que 1600 personnes aient subi des émanations de gazs, provoquant chez beaucoup (dont nombre d'enfants) lésions cutanées, maux de tête et nausée. 

Suite à cet épisode, la révolte citoyenne face à l'inaction de l'Etat envers ces entreprises polluantes a éclatée, par le biais de coupures des routes, blocage des accès aux édifices publiques et même une mobilisation de solidarité au niveau national. Reçue par la répression, de nombreuses détentions et même l'assassinat d'un leader du mouvement social, cette révolte semble ignorée par l'Etat, alors que les actes de pollution perdurent. Deux ans plus tard en 2020, la situation de la zone restait critique.

Et en fin d'année 2021, n'étant toujours pas résolue, elle a poussé Greenpeace à imaginer une action choc, pour marquer les esprits. Cette dernière vise avant tout à "rendre visible la détérioration subie par cette plage, reconnue comme l'un des principaux berceaux du surf au Chili". Lors de la compétition symbolique, les surfeurs ont dû esquiver les grands tuyaux enfoncés dans la mer, en-deça de la pollution des lieux presque palpable. "Dans ce championnat, il n'y a pas eu de gagnants, mais seulement des perdants qui ont vu comment le berceau du surf chilien, ainsi que ses milliers d'habitants, souffrent jour après jour" explique le directeur de Greenpeace, Matías Asun.

Une pétition pour la fermeture des centrales thermo-électriques a été lancée par l'ONG.

Sources :

Greenpeace Chile - Clima y Energía

Isabel Orellana, Resistaction, 2020 

        
Mots clés : greenpeace, chili, quinta, quintero puchuncaví, zone industrielle, pollution, environnement | Ce contenu a été lu 5935 fois.
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