Interview - Tiago Carrique : "Ce n'est pas à moi d'avoir la pression"

À la veille du Ribeira Grande Pro Junior, le Franco-costaricain est en lices pour remporter le titre continental. Mais il préfère ne pas y penser et se focaliser sur son surf.

- @oceansurfreport -
©Guillaume Arrieta/WSL
Vainqueur avec autorité à La Torche puis avec panache à Capbreton, Tiago Carrique a malgré-lui endossé le rôle de sérieux prétendant au titre junior européen (il figure à la 2e place du général). Si une contre-performance à Caparica en avril dernier fait tache au sein de la solide saison du Franco-costaricain, Tiago a abordé les contests suivants les uns après les autres. Un état d'esprit qui a porté ses fruits. L'ultime épreuve du circuit Junior Pro européen, qui débutera aux Açores (Portugal) demain, sacrera le champion continental. Mais ça, le Biarrot n'y pense pas. Même s'il garde l'idée dans un coin de sa tête.

Décollage imminent à la Torche, la botte secrète du Franco-costaricain pour s'imposer.
Surf Report : Dans quel état d'esprit abordes-tu l'épreuve des Açores, qui sacrera le champion d'Europe Junior ?
Tiago Carrique : Ça va, je n'ai pas de pression car ce n'est pas à moi de l'avoir. Il y a des jolies vagues et il fait chaud, tout ce que j'aime. Je sais ce que j'ai à faire, je n'ai pas besoin de regarder les autres, car j'ai juste à gagner. Pour Kauli (Vaast) en revanche, ça dépendra de mon résultat et de celui de Justin. 

Cette saison tu signes un quasi sans faute, hormis l'épreuve de Caparica (49ème). C'est une compétition à oublier ?
J'ai commencé avec une 5e place à Espinho puis je me suis vraiment troué à Caparica. Les vagues étaient bonnes, mais la marée était haute et il n'y avait pas beaucoup de séries qui rentraient. Je n'ai donc pas réussi à faire ce que je voulais. Ensuite à La Torche (étape qu'il remporte, n.d.l.r), je me sentais bien, j'étais sans pression. C'était cool de gagner mon premier Junior Pro. Avant l'étape de Capbreton (étape qu'il gagne également, n.d.l.r), j'ai fait quelques trips. Je suis rentré chez moi au Costa-Rica, puis j'ai été à Tahiti. Je me suis bien entraîné, mais je ne pensais pas remporter les deux compétitions. Mais je n'avais pas de pression, je pense que c'est ça qui m'a aidé.
À Capbreton, Tiago remportait sa deuxième victoire de la saison.

Qui redoutes-tu le plus pour le sprint final, Kauli ou Justin (Becret) ?
Les deux sont d'excellents surfeurs et ont autant de chances l'un que l'autre de gagner. De mon côté je me concentre sur moi et mon surf. Je m'en fiche un peu de ce qu'ils font.

Dans le dernier épisode d'Impact Zone Surf Podcast, ton coach Ian Fontaine évoque votre relation avec Justin. Comment parviens-tu à gérer ce rapport de meilleurs amis et d'adversaires ?
On est potes avec Justin et étant donné qu'on est tous les deux chez Billabong, on passe notre temps ensemble sur les compétitions. La rivalité ne change pas notre amitié, mais une fois qu'on est en séries l'un contre l'autre, c'est chacun pour soi et aucun de nous deux ne se laisse faire. 

Comme à la Torche par exemple où vous vous rencontrez en demi-finales...
Ça devait être plus difficile à gérer pour Ian (rires) ! On se bagarrait chacun pour avoir l'intérieur. Mais une fois que le heat est terminé, on est à nouveau copains.
Moment d'euphorie dans les bras de son coach, Ian Fontaine, après la victoire de Tiago à la Torche.
Quel rôle joue justement Ian Fontaine pour toi ?
Il m'a beaucoup aidé cette année comme les années précédentes, puisqu'il est chez Billabong depuis deux trois ans. Il ne m'épaule pas qu'en surf, aussi en stratégie, sur mon état d'esprit, ma préparation et mon équipement. Il m'aide à me calmer aussi.

Le titre européen, c'est devenu un réel objectif ?
J'y pense sans y penser. Je préfère continuer à surfer comme si c'était une compétition classique, sans enjeu.

"Je pense que la maturité a joué un rôle : la gestion de la pression c'est quelque chose qu'il faut travailler et contrôler soi-même."

Et au-delà, tu as une revanche à prendre lors de la finale mondiale à Taïwan (13ème l'an passé)...
Le niveau sera très relevé, mais j'aimerais bien faire un résultat là-bas.

Tu fêteras tes 18 ans dans quelques jours aux Açores, c'est donc ta dernière année sur le Junior Pro. Quel est l'objectif maintenant, se focaliser sur les QS ?
Exactement, là à la fin de l'année, j'en ferai déjà quelques-uns pour bénéficier d'un bon seeding. J'aborde ça dans la même philosophie que les Junior Pro, mais avec moins de pression. Je pense que la maturité y a joué un rôle : la gestion de la pression c'est quelque chose qu'il faut travailler et contrôler soi-même.

L'équipe "Billa", toujours sur la plage pour supporter les copains à l'eau.


Tes performances en QS au Sénégal (5ème) et à Anglet (5ème) sont prometteuses...
Je reste quand même satisfait de ce que j'ai montré, mais je sais que j'aurais pu mieux faire.

Et au-delà, dans quatre/cinq ans ?
Je pense faire des études par correspondance, mais mes deux prochaines années seront vraiment orientées vers les QS.
     
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