WCT - Chroniques du Quik Pro France : l'épopée historique de Patrick Beven en 2009

Retour sur le parcours du Franco-brésilien, qui avait éteint successivement Parko, Dean Morrison et Bobby Martinez !

- @oceansurfreport -
©ASP/Cestari

Chaque mercredi avant le début du Quiksilver Pro France, qui prendra ses quartiers à Hossegor du 3 au 13 octobre 2019, Surf Report vous propose de remonter le temps afin de revenir sur les instants qui ont forgé l'histoire de la mythique épreuve landaise. Cette semaine : le fantastique parcours de Patrick Beven, wildcard de l'édition 2009 et demi-finaliste.

Le Quiksilver Pro France entretient des relations particulières avec ses figures locales. En 2005 et pour sa première participation grâce à une wildcard, le Landais d'adoption Jérémy Florès (17 ans) est alors à la recherche d'une vague à 9pts face à Mick Fanning lors du Round 3. Contre toute attente, il inverse la tendance et renverse l'ogre australien grâce à un magnifique barrel saisi dans le money-time. En 2017, Marc Lacomare, également pourvu d'une wildcard, créé la surprise en éliminant successivement Julian Wilson puis Jordy Smith, alors leader au général, avant de tomber de justesse face à Kolohe Andino. Les deux hommes figurent sur le podium des meilleures performances signées par des Français sur l'étape landaise du CT. Mais celui qui aujourd'hui toujours, se présente comme le premier surfeur tricolore à monter sur le podium d'un CT au sein de l'Hexagone, c'est Patrick Beven.

Tout au long de l'event, le surf dos à la vague de Patrick convaincra les juges.
Bourreau de Parko

La fin du mois de septembre arrive à Seignosse. Après avoir fait escale à San Clemente en Californie à l'occasion du Pro Trestles, la caravane du Tour prend ses quartiers dans les Landes, capitale mondiale du surf le temps d'une semaine. Au fil des jours, le swell décline mais les bancs de sables parviennent à se caler. Les surfeurs français eux, peinent à s'exprimer. Le vainqueur des trials, Alain Riou, perd contre C.J Hobgood au second tour et Joan Duru tombe face à Kelly Slater au 3e round. Le même Kelly qui bloquera la route de Michel Bourez un tour plus tard. La marche est trop haute pour Jérémy Florès qui capitule dès son second heat, le combo d'Aritz Aranburu étant une marche trop haute à franchir. Tim Boal, quant à lui, s'incline devant le Portugais Tiago Pires. Néanmoins, l'un seul d'entre eux sort son épingle du jeu et causera du tord à certains des meubles du CT.

Patrick Beven, tombeur des têtes de série.
Le Quik Pro France 2009 s'impose comme la 7e étape du Tour. À ce stade de l'année, le chemin du titre tend les bras à Joel Parkinson après ses trois succès sur la Gold Coast, à Bells puis à J-Bay. À tous les niveaux, Parko est impérial. Mais ça, c'était avant de croiser le chemin de Patrick Beven. Comme en 2003, où le regular foot australien est passé à la trappe suite à un heat maîtrisé de la tête et des épaules par le Franco-brésilien, Parko est contraint de s'incliner au 3e tour. Une énorme surprise pour celui qui, à l'issue de la saison, laissera échapper le trophée de champion du monde au profit de Mick Fanning. La belle histoire de Patrick aurait pu s'interrompre là. Mais ce serait mal connaître le triple champion d'Europe Junior.

"L'Euroforce" à son service

Le surfeur de 29 ans se sent pousser des ailes et, boosté par les Européens qui campent sur le sable et le pousse à élever son niveau à chacune de ses séries, il ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Après Parko, il ceinture un autre "Aussie", Dean Morrison, et ce avec "une intelligence tactique" comme l'expliquera Gibus de Soultrait dans les colonnes du N°268 de Surf Session (novembre 2009). Un combat rudement mené, qui lui permettra ensuite de venir à bout de l'intrépide Bobby Martinez, vainqueur à Tahiti cette même année, pour 0,86pts d'avance.


©Get Washed

Le carré final s'ouvre à lui, jamais un Français n'avait encore atteint ce palier au sein de la compétition landaise. Mais aux portes de l'ultime heat, Bede Durbidge le pousse dans ses retranchements, et Patrick Beven, en manque de jambes, se met dans le rouge. Le natif de Brisbane, régulier comme un métronome, fluide dans chacune de ses trajectoires et particulièrement engagé dans tous les turns qu'il entreprend, est trop grand pour la wildcard. Qu'importe, le Français sera allé au bout de lui-même, aura fait vibrer la plage des Bourdaines et porté haut les couleurs tricolores aux yeux du monde. À ce jour, il signe encore la meilleure performance d'un Français sur le Quiksilver Pro France
La casquette visée sur la tête, aux côtés de Fanning, Durbidge et Pires.

 
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