Interview - Interview exclu d'Anne Flore Marxer

Une snowboardeuse accro au surf

- @oceansurfreport -

Après Bixente LIZARAZU, Laury THILLEMAN et Raphaël IBANEZ, la rédac de Surf-Report continue son zoom sur les personnalités qui surfent. Aujourd’hui, notre choix se porte la snowboardeuse Anne Flore Marxer.

Anne-Flore Marxer, c'est la tornade du snowboard et sans contestation la plus médiatique des rideuses françaises. Mais cela n'est pas sans raison : championne du monde freeride en 2011, ambassadrice du Snowboard World Day, elle est sur tous les fronts. Cette nana est au top du top ! Véritable bout-en-train et hyper-active, la Franco-Suisse occupe une place à part sur la scène snowboard. Elle n'a pas froid aux yeux ! Aujourd'hui, Anne Flore a lâché la compétition pour se concentrer sur ses projets photos et vidéos. Pour mieux découvrir son talent, jetez un coup d'oeil à ses sessions.

Ici pour la vidéo la plus récente ainsi qu'ici, par  ou encore par ici pour du 100 % wake.

Découvrez l’interview exclusive et explosive d’Anne Flore Marxer, talentueuse snowboardeuse et passionnée de surf.

Océan Surf Report : Bonjour Anne Flore, merci de prendre quelques minutes pour répondre à nos questions, peux-tu te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas ?

Anne Flore : Je suis européenne, provoquante et passionnée. Je suis une snowboardeuse freestyle et freeride. J’ai le smile et je mords. Je chute mais je donne tout pour me sentir VIVANTE.

 

OSR : Comment es-tu arrivée au Snowboard ? Qu’est ce qui te fais vibrer dans ce sport ?

AF : Le ski chez moi c’est une histoire de famille. Tout le monde en a fait à haut niveau avec plus ou moins de succès, mais en gros ce n’est pas vraiment une surprise que je sache descendre une montagne vite… Par contre j’avais toujours refusé de faire de la compétition à ski : bleu, rouge, droite, gauche, combinaison moulante, ça n’était vraiment pas mon truc ! Mais je faisais déjà beaucoup de hors piste très jeune. À l’âge de l’adolescence, mon côté rebelle s’est reveillé, il n’était pas question de continuer dans les traces familiales et je me suis mise au snowboard ! Ahah tu parles d’un acte de rébellion. ;)
Bref, en gros c’est l’âge où je voulais rider avec mes amis, qui eux faisaient du snowboard plutôt que de rester bloquer avec les parents.

À cette époque ou juste un peu plus tard, je faisais vraiment n’importe quoi… je montais en stop sur les events de snowboard, je ridais toute la journée, puis je faisais la fête jusqu’à point d’heure, mais sans boire d’alcool. Je trouvais toujours quelqu’un en fin de soirée qui avait un canap’ que je pouvais squatter pour la nuit. Le lendemain je redescendais en stop pile pour arriver presqu’à l’heure en cours. Pour moi c’était ça le snowboard : la liberté, l’indépendance, la bonne humeur, la fête, les amis, la vie à 200 % !!!

 

OSR : Pourquoi avoir choisi le chemin du freeride plutôt que la compétition ?

AF : Ça doit être mon côte rebelle. En fait je suis assez polyvalente, je fais autant du freestyle (tricks et figures, en park ou en hors piste) que du freeride (hors piste, pentes raides du sommet jusqu'en bas).

Les compétitions en freestyle se déroulent sur des parks, donc sur les pistes. Moi ce que j’aime c’est être en montagne, en hors piste et dans la poudreuse ! Je ne gère pas bien le stress des compétitions et je n’en retire aucun plaisir, c’est donc naturellement que je me suis dirigée vers la vidéo. Celle-ci requiert de bonnes conditions de neige et une façon de rider beaucoup plus explosive qu’en compétition… c’est ALL IN… ça passe ou ça casse, mais la demi-mesure n’intéresse personne. On est obligé de se surpasser à chaque fois, la pression est là et chaque jour est un nouveau challenge. L’expérience et la lecture du terrain comptent énormement. En compétition c’est plus rebarbatif, replaquer un run coûte que coûte or on reste dans ce que l’on sait déjà faire. Et puis on peut rider le parks des jours entiers avant le run de compétition. En freeride les compétitions c’est uniquement un run, le seul qui compte sans avoir fait de reconnaissance pour vérifier la neige, comme en vidéo, sauf qu’on est une centaine de compétiteurs sur la même pente. Du coup on se retrouve vite dans un champ de bosse et on ne peut pas replaquer sur des barres rocheuses aussi grande que lorsque la neige est vierge en réception, alors qu’en vidéo on est toujours en première trace. Les dates des compétitions freeride ne correspondent souvent pas aux conditions de neige, là aussi on se retrouve énormément limité. En vidéo on a carte blanche mais c’est aussi beaucoup plus de pression d’organisation, d’aventures, de voyages, de souvenirs et des rencontres.

Moi j’aime le côté expédition, devoir se sortir de toutes les situations et l’esprit d’équipe. J’ai toujours repoussé mes limites et pour ça le format vidéo me correspond beaucoup mieux.

 

OSR : Quelle est ta plus grosse gamelle en Snowboard ?

AF : Je suis une spécialiste… beaucoup de blessures, de traumatismes... au final c’est inévitable lorsqu’on repousse ses limites. Ça fait partie de la progression et du sport en géneral. Ce qui est important c’est de ne jamais perdre de vue le risque pris réellement même sous pression, d’utiliser les protections adaptées au bon moment. J’avais l’habitude de rider sans et j’ai revu ma position par la force des choses, aujourd'hui je m’implique énormément dans le développement de casques et protections avec TSG, comme ça je me fais de moins en moins souvent mal.

 

 OSR : Tu as obtenu le titre du plus beau sourire montagnard 2012 par le comité de l'Island Slalom Tour alors qu’est ce que ça fait ?

AF : Moi ça m’horripile que les femmes sportives se retrouvent classées sur des critères de beauté plutôt que sur leurs aptitudes sportives ! Merci à eux pour l’interview et pour ce jolie compliment mais réellement j’aurais préféré que tu cites l’une de mes recompenses sportives plutôt que celle de mon sourire.

2011 - Freeride World Champion 2011 - 1st Xtrem de Verbier - 1st Freeride World Tour Chamonix - 2nd Freeride World Tour Hochfueges - 3rd Freeride World Tour Nendaz 

2010 - 1st Ride O’meter most core coverage male and female in Europe - 2nd King of the Hill, Valdez Alaska - 3rd Noboarding World championship  - French Rider of the Year Award

2009 - Best international Rider of the Year Award male and female, Mondial du Snowboard

2008 - 2nd Most influencial Female Rider of all times Award by Slack Magazine

2007 - Rookie of the Year Award by Transworld Snowboarding

 

OSR : On sait que tu pratiques le surf pour t’avoir vu sur nos côtes françaises, d’où te vient cette envie de te mettre à cette discipline ? Depuis quand surfes-tu ?

AF : Je passe mes vacances sur la côte landaise depuis mon adolescence et j’ai toujours adoré y séjourner mais curieusement étant jeune je trouvais que les surfers étaient tous des « cons » et j’ai mis énormement de temps avant de m’y mettre. Puis un jour je me suis dit que j’étais vraiment trop bête de ne pas essayer et ça a été tellement difficile… Bon ok, je suis une tête de mule, je voulais pas commencer avec une malibu, du coup j’ai mis 3 plombes avant de prendre des vagues, mais en même temps c’est ce qui a rendu le challenge aussi intéressant pour moi. Je n'aime pas quand je n’arrive pas à faire quelque chose, du coup je me suis acharnée. À cette époque je passais par une sorte de lassitude d’enchaîner hiver sur hiver et au final de repasser par la case débutante dans le surf m’a fait énormement de bien, quand chaque étape compte, quand chaque session est revitalisante. Le surf m’a redonné l’envie et la force de tout donner en snowboard et de repousser mes limites autant au niveau débutante en me prenant des vagues sur la tête et en buvant de l’eau salée et du sable, que de charger en snowboard, quitte à me prendre de bonnes gamelles… j’ai retrouvé la flamme ;)

 

OSR : Raconte-nous un peu ton surf break Renault Koleos avec Eric Rebiere et Benjamin Sanchis ? Es-tu au courant de la chute spectaculaire de ton pote Sancho à Teahupoo ?

AF : Oui j’ai vu Sancho ! Ça m’a beaucoup inquiété. Cet hiver a été très difficile pour le monde de la montagne avec les disparitions de certains de mes amis proches. Je suis anéantie et j’ai beaucoup de mal à accepter. Je n’avais pas realisé que la même chose pouvait arriver du côte de l’océan. Sancho c’est une tête brulée et on est devenu bien potes depuis ce trip surf justement. Je n’aime pas l’idée qu’il puisse arriver des bricoles à mes amis. Heureusement depuis j’ai vu l’édit de Sancho et Alain sur cette journée, j’ai été soulagée. Des grosses chutes et des pertes de connaissance ça nous arrive a tous. Je suis rassurée de savoir que Sancho va bien et trop contente pour Alain qui a scoré une vague ÉNORME !

 

OSR : Quels sont tes spots favoris ? Et quels spots aimerais-tu bien surfer un jour ?

AF : J’ai une chance inouïe de voyager énorment et d’avoir eu l’occasion de surfer des vagues magnifiques. Récemment j’étais en boat trip aux Maldives avec The Perfect Wave pour des surfeurs du dimanche mais passionnés comme moi, c’est vraiment le rêve ! Des vagues trop belles, les amis, les dauphins, un bâteau de fou, enfin bref le paradis.

Après mes spots favoris c’est toujours à la maison… pour moi tout ce qui tourne autour d’Hossegor, avec une petite préference pour les Estagnots, pour un bon Wrap en sortie de session surfing ;) D’ailleurs j’en profite pour glisser un petit coup de pub pour mon pote Nick, photographe de talent qui sera souvent à l’eau aux Estagnots, pour vous proposer de belles images de vous en surf sur son site

 

OSR : Pratiques-tu d'autres disciplines de glisse ?

AF : J’aime tous les sports fun qui se pratiquent en exterieur. J’ai la chance d’avoir des sponsors impliqués dans d’autres sports comme Sosh, Swatch, Oakley, TSG, Blue Tomato et Keep a Breast, ce qui me rapproche de mes teams en ski, surf, BMX, skate, FMX...  C’est top parce que ça me donne souvent l’occasion de faire un peu de tout et j’adore ça !

 

OSR : Quelles sont les exigences mentales et physiques que l'on peut retrouver dans les sports de glisse que tu pratiques ?

AF : Primo, la bonne humeur parce que c’est toujours mieux avec. Ensuite du courage pour se lancer et ne pas avoir peur, que ce soit de tomber, d’une vague ou de la vitesse. La tenacité c’est important aussi pour ne pas abandonner avant d’y arriver.

Physiquement les sports de glisse demandent surtout de l’équilibre, de la proprioception et une bonne représentation de son corps dans l’espace en 3 dimensions. Une certaine facilité à imaginer le mouvement avant de le réaliser et une bonne forme physique génerale. C'est plus pour des sports spécifiques à un seul mouvement et c’est forcément plus évident lorsque l’on est moins lourd. Sauf pour la vitesse en montagne par exemple.

Pour le surf ce qui me donne de la peine à chaque reprise ce sont les bras, alors qu’en snowboard il faut de bonnes cuisses. Bref, ce qui me plait dans les sports de glisse, c’est qu’on les pratique pour le plaisir des sensations qu’ils procurent et qu’ils nous donnent des muscles sans qu’on ne s’en rende compte.

 

OSR : Quels sont tes futurs projets snow, trips et videos ?

AF : Cet été je pars en Argentine, faire de la randonnée en splitboard et snowboard, un peu d’heliboarding et du freestyle avec la team APO. Ça promet ! Je me dirige de plus en plus vers la montagne où je me sens libre, et où je peux repousser mes limites et apprendre le plus possible.

 

OSR : Surfes-tu sur le net et que penses-tu de Océan Surf Report ?

AF : Je kiffe la photo du jour referencée sur une carte. Quand je suis loin de l’océan et que je me demande quel jour descendre c’est vraiment top de pouvoir voir a quoi ça ressemble le jour même suivant le spot et d’avoir toutes les infos des prévisions.

 

 

Attention, reprend ton souffle c’est l’interview rapido : à vos maques, prêt, feu, partez … !

 

Hossegor ou Biarritz ? C’est drôle comme de traverser la rivière paraît insurmontable !

Fleetwood Mac ou Bob Marley ? Fleetwood Mac à fond ! Ça me rappelle de bons souvenirs trips snow aux USA à mes débuts.

Swatch pro France ou Swatch pro Chine ? Swatch Pro France parce qu’on est à la maison et parce que c’est du shortboard !

Montagne avec un temps pourri ou Océan et grand soleil ? haha et bien le soleil et la plage à cette époque de l’année !! Mais bon les tempêtes de neige en montagne c’est magique aussi !

Rebelle ou Calme ? Ça c’est tout vu ! Calme et délicatesse c’est pas dans ma nature :)

Hors piste ou Chemin ? Forcément hors piste

Autriche ou Alaska ? Je vote Crans-Montana 

Chocolat suisse ou Raclette française ? Chocolat

Facebook ou Twitter ? Facebook ( ici le mien)

 

 

Un dernier mot ?

Je tiens à préciser que je ne suis pas particulièrement balaise en surf, mais effectivement je trouve toujours cool de faire le parallèle entre ces deux sports que j’adore ! Et répondre à ces questions me donne qu’une envie c’est de me mettre à l’eau ! 

 

Sources photos : Matthieu Georges et Claudio Zenger

Mots clés : interview, exclu, danne, flore, marxer | Ce contenu a été lu 4723 fois.
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