Voyages - Nouvelle ZĂ©lande: dernier paradis du surf avant la glace et les pingouins...

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Un dicton marin commente « Sous 40 degrĂ©s, il n'y a plus de loi, mais sous 50 degrĂ©s, il n'y a plus Dieu ». SituĂ©s aux dernières latitudes rationnelles d'un monde civilisĂ©, les cinquantièmes hurlants alliĂ©s Ă  la puissance des vents violents des quarantièmes rugissants donnent naissance Ă  des swells majestueux dont seules  deux masses de terre isolĂ©es que sont l'Ă®le du Nord et l'Ă®le du Sud de la Nouvelle ZĂ©lande freinent la course effrĂ©nĂ©e des ondes  pour donner vie aux vagues dont la magie des line up, vĂ©ritable rĂ©ceptacles divins, semble toute droit sortie d'une Bible dont l'auteur serait le Duke Kahanamoku.

Perçue comme un vĂ©ritable El Dorado par les communautĂ©s des cĂ´tes australiennes, polynĂ©siennes, chiliennes et amĂ©ricaines, la Nouvelle ZĂ©lande ne laisse pas de place au surfeur timorĂ©. La puissance des vagues, venant tout droit de l'Antarctique, ne laisse aucune place Ă  un engagement sans faille. Dernier Ă©cueil avant les glaces, le surfeur kiwi n'hĂ©site pas Ă  parcourir son territoire et est soumis comme son cousin islandais Ă  la « bonne fenĂŞtre ». Pour faire face aux difficultĂ©s des orientations de la houle et des vents, l'ère moderne n'a jamais Ă©tĂ© autant bĂ©nĂ©fique pour cette quĂŞte du surf en NZ avec l'utilisation omniprĂ©sente des diffĂ©rents sites internet dĂ©diĂ©s aux prĂ©visions mĂ©tĂ©orologiques.  Dans une mĂŞme journĂ©e, vous pouvez passer d'un beach break parfait d'un mètre Ă  un slab sauvage Ă  6 mètres. Des vagues de classe mondial se trouvent dans les moindres recoins du pays mais pour cela, il vous suffit d'un bon vĂ©hicule Ă  roues motrices et une d'un grand esprit d'aventure.

Waipu


Tout comme ses cousins polynĂ©siens et hawaiiens Maohi, la rĂ©introduction du surf chez les Maori fut impulsĂ©e par le Duke Kahanamoku en 1915 lors d'une visite sur les beach break de Muriwai, Lyall Bay et New Brighton. Après le passage du Duke, le surf fut Ă  nouveau popularisĂ© et le concept de la « KOOK BOX » par Tom Blake dès 1937 fut rapidement adoptĂ© et dĂ©ferla avec puissance sur la Nouvelle ZĂ©lande depuis Ahirapa jusque Dunedin. Les premiers prĂ©curseurs Ă  s'y mettent furent les sauveteurs en mer (surf live saving ) ; les kook box plus lĂ©gères et maniables que les traditionnels paddleboards qui pesaient jusque 30 kgs et mesuraient jusqu'Ă  4 mètres furent vite adoptĂ©es. 

Mais la première vision d'un surfeur Ă  surfer le long de la face d'une vague avec grâce fut lors d'un voyage de deux californiens Bing Copeland et  Rick Stoner Ă  Piha. Les planches des deux compères sortaient tout droit des ateliers de shape californiens oĂą la mousse polyurĂ©thanne associĂ© Ă  la rĂ©sine polyester faisaient fureur, notamment sous les pieds de Miky Dora du cĂ´tĂ© de Malibu. La rĂ©volution, tout comme en Californie, Ă©tait en marche ! Les pionniers du surf moderne NZ furent Tony Johnson et Denis Quane de Christchurch, Colin Mc Coombs de Taranaki, Ron White et Jock Carson de Mount Mauganui, Chas Lake de Wellington, Peter Miller de Hamilton et Bart Snail De Dunedin; depuis ce jour le surf fut inarrĂŞtable et aujourd'hui encore la grande majoritĂ© des surfeurs Ă  l'eau dĂ©passe la soixantaine et leur vie semble encore vouĂ©e au surf...

Le « baby boomer » constitue donc aussi, comme le reste du monde, la naissance de la contre- culture et la base du surf moderne en Nouvelle ZĂ©lande . C'est Ă  partir des annĂ©es 70 que dĂ©buta cette quĂŞte d'exploration du pays. Quelle ne fut pas le plaisir extrĂŞme que pu ressentir  Campbell Ross quand celui-ci nĂ©gocia les sections encore vierges, creuses et sans limites de Manu Bay Ă  Raglan pour finir sa quĂŞte sans faille vers Whale Bay et Indicators et tout cela seul ..

Wanghamata Bar

Raglan indicators

Manu Bay Raglan


Ensuite, l'arrivée du shortboard changea radicalement les perspectives du surf en NZ. Les sections rapides et creuses s'ouvraient aux kiwis, les invitant ainsi à repousser leurs propres limites. Le développement et l'amélioration de la qualité du néoprène ne fut pas non plus étranger à cet essor soudain. Les mots d'ordre étaient la vitesse, le voyage et les vagues jusqu'alors considéraient comme insurfables. A la fin des années 80 on estimait le nombre de surfeurs à 150 000. La révolution de la voiture et l'ouverture de l'import des automobiles japonaises et leurs fameuses 4 roues motrices contribua aussi fortement à l'envolée du nombre de surfeurs prêts à avaler les kms les plus reculés pour découvrir des vagues vierges et parfaites.

En 40 ans, le nombre de surfeurs est passĂ© de 20 000 Ă  200 000 !! Mais gardez Ă  l'esprit qu'un bon trip en NZ nĂ©cessite une bonne lecture des cartes isobariques et une connexion internet hors pair ! « Surfing is weather » est une expression qui colle parfaitement au surf en NZ mais personne ne peut oublier son premier saut Ă  l'eau depuis les rochers Ă  Manu Bay ..

Les Néozélandais affirment que leur pays ne connait pas le flat et après avoir avalé plus de 2500 kms à travers le rocher, je leur donne raison ...
Cathedral cove
Shipwreck Bay

 
À la mémoire de Rex Von Huben, chargeur local décédé tragiquement dans un accident de voiture en 1998.

Romuald Pliquet
   
     
Mots clés : raglan, nouvelle zelande, trip, romuald pliquet | Ce contenu a été lu 6199 fois.
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