Région - Mascaret : du surf au coeur de la forêt brésilienne

La vague de Pororoca s'est éveillée au milieu de la jungle, et le rideur Serginho Laus n'aurait raté ça pour rien au monde.

- @oceansurfreport -

Pororoca est une vague d'eau douce brésilienne, connue pour sa taille impressionnante : elle peut atteindre quatre mètres de haut et dérouler pendant 1h30 sur des dizaines de kilomètres. Son nom signifierait "bruit assourdissant" en langue indigène Tupi-Guarani, notamment car on l'entend arriver avant de la voir. Si elle peut faire rêver les surfeurs de vagues alternatives, les communautés locales s'en méfie, car sa puissance détruit nombre de terres et de constructions sur son passage, entraînant avec elle troncs et branches arrachés.  

La vague est aussi très rare, et n'apparaît qu'à des intervalles très espacés (une fois par an, parfois moins). Cette année, c'est la Superlune qui a réveillé ce monstre d'eau au milieu de la jungle brésilienne. Advenue dans la nuit du 26 au 27 avril, la Superlune - dite aussi "pleine lune de périgée" - a augmenté le phénomène de marée, la Lune se situant plus proche de la Terre qu'habituellement. En a résulté la formation de ce mascaret, sûrement l'un des plus impressionnants au monde, avec ceux sur les fleuves du Gange en Inde ou bien du Qiantang en Chine.


Si certains regardent assidûment les prévisions sur les côtes du monde entier, le surfeur professionnel de mascaret Serginho Laus a lui l'habitude de garder l'oeil sur ce type d'indications rares. C'est donc en compagnie de la free surfeuse Gabriela Peretti qu'il prend la direction d'Arari, une petite ville à deux heures de route de Sao Luis, dans la jungle de l'Etat de Maranhao (Nord-Est du Brésil). Là-bas, la mise à l'eau dans le Rio Mearim n'est plus qu'à 30 minutes de route et nombre de locaux ont appris à apprivoiser le Pororoca, notamment pour lancer les rideurs sans peurs depuis des jetskis.


Ce n'était cependant pas une première pour le surfeur brésilien, qui y avait surfé 33 minutes durant sur 10 kilomètres en 2010, et l'avait dompté à nouveau en 2019. Cette fois en alternant entre planche épaisse, shortboard et foil, il partage l'expérience à plusieurs, et toujours avec le même entrain. Un pari réussi pour les deux rideurs, qui ont pu faire l'expérience de glisser sur deux mètres d'eau à la couleur chocolatée, en pleine jungle. 

 > Vidéo par Serie Ao Fundo

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Arari, municipalité brésilienne située dans l'État du Maranhão, aux abords de la rivière Mearim.
    

     
Mots clés : pororoca, mascaret, brésil, serginho laus, gabriela peretti, rivière, eau douce | Ce contenu a été lu 9117 fois.
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